Traverser le désert

J’avoue. J’écris ce billet en l’antidatant, parce qu’il m’a été difficile de revenir sur cet épisode avant. Par superstition, parce que j’avais mal, parce que j’étais triste. Je ne sais pas. Aujourd’hui, j’ai besoin de le faire.

Après ça, mon hyperstimulation et moi avons eu le droit de quitter la clinique et de rentrer à la maison.
Pas d’embryon, ça voulait dire pas de transfert ; j’ai donc pu prendre des anti-inflammatoires et attendre que mes pamplemousses redeviennent petit à petit des oranges, des clémentines, des kumkats, puis, enfin, des noisettes. Ça a pris 3 semaines.

J’ai souffert. Beaucoup.

Moralement, bien sûr parce que pathétiquement ou pas, on espérait beaucoup de cette première tentative de FIV. On se disait naïvement que bien sûr, ça allait marcher, avec un tel coup de pouce, c’était la solution ! Et puis il a fallu se rendre à l’évidence. Sans qu’on sache pourquoi : en mettant en culture des millions de spermatozoïdes avec mes 8 ovocytes, et bien, ça n’a absolument rien donné. 0 embryon. Pas le moindre développement cellulaire. Pas même le début de quelque chose. Rien. Le néant.
Et il a fallu non seulement faire le deuil d’une tentative échouée, mais aussi accepter que ça n’ait rien donné et, encore mieux, porter ce fardeaux d’HSO « en cadeau bonus ».

Et physiquement aussi, parce que j’ai « dormi » assise pendant 3 semaines, ne pouvant pratiquement pas manger, pas respirer. Parce que j’étais contrainte à prendre mes douches assise sur une chaise, comme les mémés. Pire, mon Mari Ours était obligé de m’aider à prendre ma douche, m’habiller, me faire à manger, me soulever les jambes, me porter pour me lever et m’épauler pour que j’aille jusqu’aux toilettes. Vous savez dans « pour le meilleur et pour le pire », je crois qu’on a vraiment traversé une zone de « pire ». Heureusement qu’il était là, heureusement qu’il m’aidait, m’aimait, qu’il était si patient et si doux. Sans lui, j’aurais clairement sombré.

Dr. BeauGosse a fait des suivis, et mes ovaires sont revenus à la normale.
Comme si de rien n’était.
La nature a repris ses droits. La vie a continué.
Comme si de rien n’était.

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