Faire 3, mais pas celui qu’on croit

C’est étrange, j’avais une sorte de honte à aller chercher mes résultats au labo. Du genre « je sais que c’est négatif, je vous ai fait perdre votre temps, je suis une m…e ».
Et à la fois, je ressentais une sorte d’excitation, le désormais familier « et si un miracle se produisait ? ». A me lancer dans des calculs débiles : est-ce qu’on peut vraiment avoir un cycle stimulé de seulement 23 jours ? et si c’était de fausses règles ? et si j’étais enceinte ?
Pathétique.

C’est Mari Ours qui a ouvert l’enveloppe, parce que moi je ne voulais pas le faire.

Résultat : Négatif
3 ui/L.

3…

Même pas un petit 10, ni même un honorable 7, juste pour se dire qu’on y était presque, qu’il y avait eu un début de quelque chose. Non. Un 3.
On a fait un pitoyable 3.
Voilà.

En rentrant, on a pleuré, on s’est consolés, on a crié notre peine et notre désespoir. On s’est serrés fort fort en se chuchotant notre incompréhension. On s’est encore demandé pourquoi le sort s’acharnait contre nous. Oui, même Mari Ours. Parce que pour lui aussi c’est dur.

J’ai encore dit que tout était de ma faute. Sans aucun doute, si ces deux embryons ne se sont pas accrochés, c’est que mon utérus n’était pas assez accueillant ! Que j’avais trop fait ci, ou pas assez ça.
Mari Ours m’a encore seriné qu’il fallait que je m’ôte ces pensées de la tête.
Moi, dans ma tête, justement, ça tournait en boucle, je me repassais le film, des dizaines de fois.
Je ne peux m’empêcher de penser que j’ai gâché 2 vies.
J’ai dit que je donnerais n’importe quoi pour retourner en arrière. Mari Ours m’a dit que ça ne changerait rien. Je sais qu’il a raison. Mais si seulement on pouvait…

Les yeux plein de larmes, on a tenté de se féliciter parce qu’on est courageux de subir tout ça. On n’était nous même pas très convaincus. Alors on a pleuré encore, en silence, en se prenant dans les bras. On s’est promis (à nouveau) d’y arriver la prochaine fois.

La prochaine fois.
Comme des drogués de la PMA : à la fois on déteste ça, à la fois on ne peut visiblement pas faire autrement. Et ça aussi, ça me fout un cafard monstre.
En janvier (?), recommencer : les bras de junkie, le ventre plein de bleus, la vie réglée comme du papier à musique sur le rythme des injections/echos/prises de sang, les angoisses, les étapes, la crainte des claques de Madame Nature..

Mari Ours et moi, on a ensuite fêté notre 3 avec une bière (sans gluten pour moi). Et tant pis si ça vient s’ajouter aux traditionnels « +2kg post traitement ». Je vous em….

Oui, hier soir, à nouveau, il a fallu faire contre mauvaise fortune bon cœur, se ressaisir, faire les mille petites choses du quotidien, avancer. Alors que tout mon être criait au « CTRL »+ »Z » sur ma vie.

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